La population du Burkina Faso est estimée à 13 902 972 hbts (RBPH 2006) avec 51,7 % de femmes dont (37,6%) sont des femmes en age de procréer (15-49 ans). Les femmes burkinabés supportent 90% des charges domestiques. Il est important de faire remarquer ici que la femme rurale consacre les ¾ de son temps aux activités agricoles, contribuant ainsi largement à la production alimentaire. Et pourtant, leurs possibilités d’accès aux meilleures terres et aux périmètres irrigués sont très limitées. Elles n’ont généralement, qu’un droit d’usage précaire, sur les petits lopins de terre. La proportion des terres cultivables affectées aux femmes est à peine de 8 à 16% (cf étude Banque mondiale 1994).
L’artisanat et le petit commerce occupent souvent les femmes rurales pendant la saison sèche. Mais les revenus générés par ces activités ne sont pas souvent de nature à réduire la dépendance économique des femmes.
En milieu urbain, la contribution des femmes à l’économie nationale est reconnue à tous les niveaux bien qu’il n’existe pas de données désagrégées par sexe qui permettent une juste appréciation de la situation. Elles sont nombreuses, les femmes dans le secteur informel des villes ou elles exercent le petit commerce. Mais les revenus que génèrent ces activités sont loin de satisfaire leurs besoins fondamentaux. Les conditions d’octroi des prêts bancaires sont inaccessibles à la majorité des femmes. Les systèmes de crédit mis en place au cours des cinq dernières années comportent également des insuffisances souvent relevées par les femmes (garantie, caution solidaire, période de différer).
La présence de la femme à tous les niveaux de la vie nationale n’est pas reflétée par une appropriation égalitaire de l’accès aux moyens de production, aux ressources ou aux emplois.
La situation des femmes burkinabé demeure donc précaire et les hautes autorités du pays en sont conscientes
Analyse du contexte selon les secteurs :
L’éducation (Scolarisation, Alphabétisation, Formation)
L’éducation est un domaine qui, dans sa vision globale ou globalisante, reste sans conteste l’un des principaux secteurs sociaux de base pour une véritable politique de promotion de la femme Burkinabé.
Selon le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) du Burkina approuvé par
Elles ne représentent en effet que 21% des effectifs de l’administration publique, et 5% dans les sociétés privées du secteur moderne. Du reste en 2000, le taux brut de scolarisation primaire était de 49,6% pour les garçons et de 38,2% pour les filles.
De 1994-2003 le taux d’alphabétisation était de 29,4% pour les hommes et de 12,5% pour les femmes.
La proportion des effectifs féminins aux différents niveaux d’éducation et de formation reste toujours faible, de façon générale. Cette situation tient au fait que le système socioculturel, au Burkina -Faso a été souvent défavorable à la scolarisation des filles, à l’alphabétisation des femmes voire à leur formation professionnelle. Les facteurs sont d’ordre socioculturel, économique, institutionnel et politique.
L’accès à l’emploi
En milieu rural, 93,0% de la population est occupée soit 45,9% d’hommes et 54,1% de femmes (ED98-99). La majorité des salariés est constituée d’hommes 79,9% contre 20,1% de femmes.
La santé
Bien que le droit à la santé soit garanti à tous par la constitution d’une manière générale, au Burkina Faso, la situation sanitaire des populations est préoccupante. La situation des femmes sur le plan de la santé et de nutrition reste précaire malgré une tendance à la baisse du taux de mortalité maternelle qui passe de 566/100.000 naissances en 1998/99. Au niveau des districts, on notait en 2002 un taux de 164,08/100.000 naissances contre 192,60 en 2001.
Les facteurs explicatifs de la situation sanitaire des femmes sont généralement la malnutrition, Les grossesses précoces, multiples et rapprochées, l’ignorance, La pauvreté, le fardeau des activités domestiques, les pratiques traditionnelles néfastes, Les IST SIDA, L’insuffisance des mesures d’assainissement et de fourniture d’eau potable.
Sur le plan juridique
Outre la constitution, le BF a adopté de nombreux textes juridiques en faveur
de la femme (Code des personnes et de la famille, Code du travail, Code pénal etc. de même la ratification de nombreux instruments juridiques internationaux.
Mais malheureusement, les réalités pratiques ne sont pas souvent en adéquation avec l’arsenal juridique existant. Beaucoup reste encore à faire.
Implication de la femme à la gestion de la cité
Sur 37 membres du gouvernement 5 sont des femmes: (Action sociale et solidarité nationale, enseignement de base et alphabétisation, Promotion de la femme, Promotion des droits humains, Coopération régionale). L’assemblée nationale compte 18 femmes sur 111 députés
Au niveau des communes et arrondissements, sur 351 maires de communes et d’arrondissement 20 sont des femmes
Dans la diplomatie, sur 25 ambassadeurs, 5 sont des femmes
Administration territoriale:
· sur 13 gouverneurs de région, 2 sont des femmes ;
· Sur 45 hauts commissaires, 5 sont des femmes ;
· Au conseil économique et social: 22 femmes sur 93 conseillers ;
· Justice: sur 200 magistrats, 50 femmes dont 10 aux postes de responsabilité
Des femmes dirigent les institutions suivantes :
· Médiateur du Faso
· Conseil d’État.
Au regard de la situation actuelle de notre pays, les femmes doivent redoubler d’efforts dans leurs secteurs d’activités et dans un élan de solidarité afin que le combat engrangé pour l’amélioration de leur statut soit une réalité.
Cette situation requiert la contribution de tous acteurs de développement (gouvernement, partenaires techniques et financiers, société civile, etc).
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